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	<title>Commentaires sur : Europe : Frontières et Identité</title>
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	<description>PHILOSOPHIE ET POLITIQUE</description>
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		<title>Par : Didier Colpin</title>
		<link>http://champeau.wordpress.com/2008/02/03/europe-frontieres-et-identite/#comment-4</link>
		<dc:creator>Didier Colpin</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Feb 2008 06:29:37 +0000</pubDate>
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		<description>EUROPE ET TURQUIE

- Le « Non » au Traité constitutionnelle est encore dans toutes les mémoires. Mais est-ce pour autant l’ « Europe » qui a été ainsi rejetée ? Non, tout le monde en convient ! L’a été une certaine vision, compréhension, conception de l’Europe. Le fameux « sens des mots », trop  souvent source d’incompréhension, de confusion … 
Et au sein des causes de ce rejet figurent en bonne  place la Turquie ! 

- Alors, ce pays, européen ou pas ?

- Remarquons que répondre par la positive, reviendrait à admettre que l’Iran et l’Irak ont une frontière commune avec le vieux  continent... Tout de même estomaquant…

- Décortiquons, autant que faire ce peux en quelques lignes obligatoirement réductrices. Certains mettront en avant le fait que la Turquie est laïque, et que son alphabet est le latin ! Pourquoi donc ne pas l’accepter ? 

- Notons d’abord que cette position indique que les frontières (ou leurs absences) ne sont pas que géographiques, elles peuvent également être culturelles. 

-Commençons par les géographiques.
La formule de Gaule est connue : l’Europe s’étend de l’Oural à l’atlantique et s’arrête au Bosphore. Cohérent. Mais, en rapport avec notre question, il y a un « hic »… La Turquie se jette sur  des deux rives du Bosphore, et les puissances victorieuses du premier conflit mondial qui ont redessinée, avec un trait de plume parfois malheureux, les frontières ont validé cet existant. Aussi, de quel côté faire pencher la balance ? Et si l’ont prenait tout simplement comme unité de mesure le km2 ? Où en trouvent-on le plus ? En Europe ou en Asie ? 
Evident, non…

- Frontières culturelles.
Comme « nous », n’est-elle pas laïque, et si l’écriture est un des éléments constituant la culture d’un peuple, comment ne pas mettre en avant son alphabet, latin comme celui que « nous » utilisons ? Effectivement… 
Mais tout cela n’est que greffon au devenir incertain… Un risque réel de rejet par la souche existe…
- Osons aborder à présent un sujet tabou, un sujet qui fâche, l’origine chrétienne de l’Europe, de ses valeurs, de sa culture ! Pourtant, est-ce plus choquant que de souligner le poids de l’Islam dans la culture des pays arabes ?
- A la façon d’une plaque photographique classique qui renvoi une image inversée, la laïcité turque est l’inverse de la notre (occultons le fait que la laïcité française n’est pas la laïcité anglaise etc.…) : L’histoire européenne du XX siècle ne manque pas d’exemples -pensons à l’Espagne de Franco- ou un pouvoir « fort » utilise la puissance de l’armée pour imposer une idéologie religieuse au mépris de la laïcité, alors qu’en Turquie, à partir des années 20, le pouvoir a utilisé la force de l’armée pour imposer la laïcité, au mépris de l’idéologie religieuse dominante… D’ailleurs le mot « laïque » est inconnu du vocabulaire arabe et le terme turc utilisé est emprunté au vocabulaire occidental… Car au delà du mot, le concept même véhiculé par « laïcité » est extérieur à l’Islam radical où le rejet de la foi (islamique) ne peut conduire l’ « apostat » qu’à la mort physique ordonnée par un corps social qui en agissant ainsi se purifie… En français cela s’appelle un meurtre, un assassinat, tout comme le sont tout également les « crimes d’honneur », coutumiers en Turquie… 
- Revenons en France. La sérénité et le recul que donne l’écoulement du temps, permet de dire que, paradoxalement, et au-delà des déchirements consécutifs à la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, et à l’opposition des « culs bénis » et des « bouffeurs de curés », la laïcité est aussi fille de la célèbre parole christique « Rendez les choses de César à César et les choses de Dieu à Dieu »… Dans la même veine, pourquoi les « Droits de l’homme » peinent-ils tant à s’imposer et à prospérer en pays musulmans ? Car ils ont été conceptualisés sur le terreau fertile des valeurs chrétiennes, de l’humanisme chrétien, pour devenir l’expression d’un christianisme déchristianisé, d’une foi chrétienne désacralisée, laïcisée… 
- Ouvrons une parenthèse. Ne confondons pas tolérance et laïcité. 
Nous parlions à l’instant de « bouffeurs de curé », terme né à une époque ou le paysage religieux français métropolitain était majoritairement occupé par le catholicisme. Aujourd’hui existe toujours des « Talibans de la laïcité » qui prônent l’athéisme comme Vérité révélée et rêvent de marginaliser les citoyens qui ont pour défaut d’être croyants et de le dire !
Espagne mauresque : L’arrivée des arabes en Espagne au VIII° siècle mit fin à la persécution dont les Juifs étaient victimes de la part  des Wisigoths qui avaient abandonnés l’arianisme pour le catholicisme. Et pendant de nombreux siècles sous domination musulmane, l’Espagne a été une terre de paix et de tolérance pour les trois religions monothéistes ! Comme quoi, Islam n’est pas toujours synonyme de fanatisme et d’intolérance…
- Fermons la parenthèse.
- Quand-à l’alphabet latin, il est entré en Turquie à la même époque que la laïcité et lui aussi au forceps, l’Empire ottoman utilisant l’alphabet arabe, c&#039;est-à-dire il y a moins d’un siècle. Alors que « chez nous », déjà avant les premiers écrits en « français » du XV° siècle, les lettrés qu’étaient les clercs, écrivaient évidement et depuis « toujours » en latin ! (l’alphabet grec et l’alphabet latin sont « frères » comme l’est l’alphabet hébreu avec l’alphabet arabe).

- Aussi, tant pour des raisons géographiques que culturelles, il me semble difficile de prétende que la Turquie puisse avoir vocation à intégrer l’Europe ou la communauté européenne, notions qui sont différentes (La Suisse appartient à la première mais pas à la seconde). Et, pour prétendre le contraire, que l’on ne mette pas en avant un quelconque partenariat économique ! L’Europe peut commercer si elle le souhaite avec l’Afrique du sud sans pour autant que ce pays entre dans l’Europe ! Identique pour la Turquie !

- Prétendrais-je que ce rejet affirmé, que cette position est vérité, réalité objective ? Non...

- Pour prendre conscience de la relativité des certitudes, également des certitudes géographiques, transportons-nous au temps de Rome.

- Si l’Empire romain prétendait à l’universalité, dans les faits, des frontières se sont imposées : 
Au nord, l’Ecosse (le mur d’Hadrien).
A l’ouest, évidement l’atlantique.
Au nord/est le Rhin et le Danube.
Au sud l’Afrique noire (les pays de Maghreb étaient partie intégrante de l’Empire -neutralisons Carthage-)
Au sud/est le Tigre et l’Euphrate.
Cela pour souligner que si la géographie peut dire ce qu’est l’Europe, cette définition ne vaut que pour « aujourd’hui » (au sens de l’Histoire).
Si nous demandions à nos contemporains européens où se trouve le centre géographique de l’Europe, qui citerait la capitale de l’Italie ? Personne !
Mais l’Empire s’est construit autour de la Méditerranée avec en son centre cette ville, Rome, elle même située sur cette péninsule, cet appendice pénétrant ce « centre du monde » qu’était la « Grande mer », comme on l’appelait alors.
	Toujours à cette époque, le civilisé, était logiquement de type méditerranéen, c&#039;est-à-dire pas très grand, brun et basané. Et le barbare, lui était grand, blond et à la peau très blanche… 
Relativité des concepts, disions-nous…
Et parmi ces barbares, il est des tribus germaniques qui allaient nous devenirs « chers » à nous français, celles des Francs… 

	- Le rapport avec notre sujet ? Dans le monde romain, la région nommée de nos jours Turquie ne posait pas de problème : elle appartenait à l’Empire, tant pour des raisons géographiques que culturelles ! Et elle n’était même pas en zone frontière ! Et le latin, comme ailleurs, y était aussi la langue officielle, administrative ! 
	Mais cela était il y a « deux milles ans »…

- Certitudes, avez-vous un socle digne de ce nom ?

	- Pour conclure, maniant le paradoxe, clin d’œil à  Edmond Wells et à son Encyclopédie du savoir absolu relatif, je dirais que la Turquie ne fait pas partie de l’Europe et qu’il s’agit là d’une position objective élaborée au sein d’un concept qui lui, ne l’est pas… 
Cette affirmation découle d’une prise de conscience selon laquelle il n’y a pas une vision du monde mais plusieurs, indissociables de grilles de lecture, parfois inconscientes, qui sont autant de filtres. Et la pseudo objectivité de la de la stricte géographie s’efface  devant le poids de la géopolitique qui elle-même s’efface devant celui de la géoculture, autant de réalités subjectives dans leurs valeurs.

COLPIN Didier</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>EUROPE ET TURQUIE</p>
<p>- Le « Non » au Traité constitutionnelle est encore dans toutes les mémoires. Mais est-ce pour autant l’ « Europe » qui a été ainsi rejetée ? Non, tout le monde en convient ! L’a été une certaine vision, compréhension, conception de l’Europe. Le fameux « sens des mots », trop  souvent source d’incompréhension, de confusion …<br />
Et au sein des causes de ce rejet figurent en bonne  place la Turquie ! </p>
<p>- Alors, ce pays, européen ou pas ?</p>
<p>- Remarquons que répondre par la positive, reviendrait à admettre que l’Iran et l’Irak ont une frontière commune avec le vieux  continent&#8230; Tout de même estomaquant…</p>
<p>- Décortiquons, autant que faire ce peux en quelques lignes obligatoirement réductrices. Certains mettront en avant le fait que la Turquie est laïque, et que son alphabet est le latin ! Pourquoi donc ne pas l’accepter ? </p>
<p>- Notons d’abord que cette position indique que les frontières (ou leurs absences) ne sont pas que géographiques, elles peuvent également être culturelles. </p>
<p>-Commençons par les géographiques.<br />
La formule de Gaule est connue : l’Europe s’étend de l’Oural à l’atlantique et s’arrête au Bosphore. Cohérent. Mais, en rapport avec notre question, il y a un « hic »… La Turquie se jette sur  des deux rives du Bosphore, et les puissances victorieuses du premier conflit mondial qui ont redessinée, avec un trait de plume parfois malheureux, les frontières ont validé cet existant. Aussi, de quel côté faire pencher la balance ? Et si l’ont prenait tout simplement comme unité de mesure le km2 ? Où en trouvent-on le plus ? En Europe ou en Asie ?<br />
Evident, non…</p>
<p>- Frontières culturelles.<br />
Comme « nous », n’est-elle pas laïque, et si l’écriture est un des éléments constituant la culture d’un peuple, comment ne pas mettre en avant son alphabet, latin comme celui que « nous » utilisons ? Effectivement…<br />
Mais tout cela n’est que greffon au devenir incertain… Un risque réel de rejet par la souche existe…<br />
- Osons aborder à présent un sujet tabou, un sujet qui fâche, l’origine chrétienne de l’Europe, de ses valeurs, de sa culture ! Pourtant, est-ce plus choquant que de souligner le poids de l’Islam dans la culture des pays arabes ?<br />
- A la façon d’une plaque photographique classique qui renvoi une image inversée, la laïcité turque est l’inverse de la notre (occultons le fait que la laïcité française n’est pas la laïcité anglaise etc.…) : L’histoire européenne du XX siècle ne manque pas d’exemples -pensons à l’Espagne de Franco- ou un pouvoir « fort » utilise la puissance de l’armée pour imposer une idéologie religieuse au mépris de la laïcité, alors qu’en Turquie, à partir des années 20, le pouvoir a utilisé la force de l’armée pour imposer la laïcité, au mépris de l’idéologie religieuse dominante… D’ailleurs le mot « laïque » est inconnu du vocabulaire arabe et le terme turc utilisé est emprunté au vocabulaire occidental… Car au delà du mot, le concept même véhiculé par « laïcité » est extérieur à l’Islam radical où le rejet de la foi (islamique) ne peut conduire l’ « apostat » qu’à la mort physique ordonnée par un corps social qui en agissant ainsi se purifie… En français cela s’appelle un meurtre, un assassinat, tout comme le sont tout également les « crimes d’honneur », coutumiers en Turquie…<br />
- Revenons en France. La sérénité et le recul que donne l’écoulement du temps, permet de dire que, paradoxalement, et au-delà des déchirements consécutifs à la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, et à l’opposition des « culs bénis » et des « bouffeurs de curés », la laïcité est aussi fille de la célèbre parole christique « Rendez les choses de César à César et les choses de Dieu à Dieu »… Dans la même veine, pourquoi les « Droits de l’homme » peinent-ils tant à s’imposer et à prospérer en pays musulmans ? Car ils ont été conceptualisés sur le terreau fertile des valeurs chrétiennes, de l’humanisme chrétien, pour devenir l’expression d’un christianisme déchristianisé, d’une foi chrétienne désacralisée, laïcisée…<br />
- Ouvrons une parenthèse. Ne confondons pas tolérance et laïcité.<br />
Nous parlions à l’instant de « bouffeurs de curé », terme né à une époque ou le paysage religieux français métropolitain était majoritairement occupé par le catholicisme. Aujourd’hui existe toujours des « Talibans de la laïcité » qui prônent l’athéisme comme Vérité révélée et rêvent de marginaliser les citoyens qui ont pour défaut d’être croyants et de le dire !<br />
Espagne mauresque : L’arrivée des arabes en Espagne au VIII° siècle mit fin à la persécution dont les Juifs étaient victimes de la part  des Wisigoths qui avaient abandonnés l’arianisme pour le catholicisme. Et pendant de nombreux siècles sous domination musulmane, l’Espagne a été une terre de paix et de tolérance pour les trois religions monothéistes ! Comme quoi, Islam n’est pas toujours synonyme de fanatisme et d’intolérance…<br />
- Fermons la parenthèse.<br />
- Quand-à l’alphabet latin, il est entré en Turquie à la même époque que la laïcité et lui aussi au forceps, l’Empire ottoman utilisant l’alphabet arabe, c&#8217;est-à-dire il y a moins d’un siècle. Alors que « chez nous », déjà avant les premiers écrits en « français » du XV° siècle, les lettrés qu’étaient les clercs, écrivaient évidement et depuis « toujours » en latin ! (l’alphabet grec et l’alphabet latin sont « frères » comme l’est l’alphabet hébreu avec l’alphabet arabe).</p>
<p>- Aussi, tant pour des raisons géographiques que culturelles, il me semble difficile de prétende que la Turquie puisse avoir vocation à intégrer l’Europe ou la communauté européenne, notions qui sont différentes (La Suisse appartient à la première mais pas à la seconde). Et, pour prétendre le contraire, que l’on ne mette pas en avant un quelconque partenariat économique ! L’Europe peut commercer si elle le souhaite avec l’Afrique du sud sans pour autant que ce pays entre dans l’Europe ! Identique pour la Turquie !</p>
<p>- Prétendrais-je que ce rejet affirmé, que cette position est vérité, réalité objective ? Non&#8230;</p>
<p>- Pour prendre conscience de la relativité des certitudes, également des certitudes géographiques, transportons-nous au temps de Rome.</p>
<p>- Si l’Empire romain prétendait à l’universalité, dans les faits, des frontières se sont imposées :<br />
Au nord, l’Ecosse (le mur d’Hadrien).<br />
A l’ouest, évidement l’atlantique.<br />
Au nord/est le Rhin et le Danube.<br />
Au sud l’Afrique noire (les pays de Maghreb étaient partie intégrante de l’Empire -neutralisons Carthage-)<br />
Au sud/est le Tigre et l’Euphrate.<br />
Cela pour souligner que si la géographie peut dire ce qu’est l’Europe, cette définition ne vaut que pour « aujourd’hui » (au sens de l’Histoire).<br />
Si nous demandions à nos contemporains européens où se trouve le centre géographique de l’Europe, qui citerait la capitale de l’Italie ? Personne !<br />
Mais l’Empire s’est construit autour de la Méditerranée avec en son centre cette ville, Rome, elle même située sur cette péninsule, cet appendice pénétrant ce « centre du monde » qu’était la « Grande mer », comme on l’appelait alors.<br />
	Toujours à cette époque, le civilisé, était logiquement de type méditerranéen, c&#8217;est-à-dire pas très grand, brun et basané. Et le barbare, lui était grand, blond et à la peau très blanche…<br />
Relativité des concepts, disions-nous…<br />
Et parmi ces barbares, il est des tribus germaniques qui allaient nous devenirs « chers » à nous français, celles des Francs… </p>
<p>	- Le rapport avec notre sujet ? Dans le monde romain, la région nommée de nos jours Turquie ne posait pas de problème : elle appartenait à l’Empire, tant pour des raisons géographiques que culturelles ! Et elle n’était même pas en zone frontière ! Et le latin, comme ailleurs, y était aussi la langue officielle, administrative !<br />
	Mais cela était il y a « deux milles ans »…</p>
<p>- Certitudes, avez-vous un socle digne de ce nom ?</p>
<p>	- Pour conclure, maniant le paradoxe, clin d’œil à  Edmond Wells et à son Encyclopédie du savoir absolu relatif, je dirais que la Turquie ne fait pas partie de l’Europe et qu’il s’agit là d’une position objective élaborée au sein d’un concept qui lui, ne l’est pas…<br />
Cette affirmation découle d’une prise de conscience selon laquelle il n’y a pas une vision du monde mais plusieurs, indissociables de grilles de lecture, parfois inconscientes, qui sont autant de filtres. Et la pseudo objectivité de la de la stricte géographie s’efface  devant le poids de la géopolitique qui elle-même s’efface devant celui de la géoculture, autant de réalités subjectives dans leurs valeurs.</p>
<p>COLPIN Didier</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Philippe Pouzoulet</title>
		<link>http://champeau.wordpress.com/2008/02/03/europe-frontieres-et-identite/#comment-3</link>
		<dc:creator>Philippe Pouzoulet</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Feb 2008 00:22:40 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://champeau.wordpress.com/?p=16#comment-3</guid>
		<description>Je vous remercie de cette réflexion introductive. J&#039;apprécie votre souci de scruter la situation actuelle de l&#039;Europe sans a priori idéologique.
Vous mettez bien en lumière l&#039;inadéquation de la posture souverainiste comme de la posture fédéraliste. A cet égard, la leçon de 2005 est claire: il n&#039;y a pas de demos européen pour approuver la constitution d&#039;un nouvel Etat fédéral. La &quot;raison des nations&quot; (Pierre Manent) est toujours la plus forte après 60 ans de &quot;construction&quot; européenne : la &quot;méthode Jean Monnet&quot;, il faut l&#039;admettre, a échoué ; et l&#039;on ne fait pas une communauté politique à la majorité qualifiée, dans une &quot;Union&quot; bien hétérogène à 27 Etats. Mais cela ne veut pas dire que &quot;le&quot; politique en Europe est condamné à rester enfermé dans les limites de l&#039;Etat-nation. Le politique européen est lui aussi sui generis, un mixte de supranational (notamment dans la régulation juridique) ET d&#039;intergouvernemental (en particulier dans le domaine de la sécurité extérieure et de la défense). L&#039;Europe a besoin d&#039;institutions qui fonctionnent correctement ET de gouvernements capables d&#039;assumer ensemble des responsabilités particulières (un peu comme un conseil de sécurité). La crise de faiblesse de l&#039;Europe est AUSSI et peut-être d&#039;abord une crise de faiblesse de nos Etats-nations, comme nous en avons le spectacle en France. Par exemple, comment faire émerger une &quot;citoyenneté européenne&quot; alors que la citoyenneté française est si mal en point? Et il n&#039;est pas même question de mourir pour la patrie : juste de se comporter &quot;civilement&quot; dans l&#039;espace public entre Français d&#039;âges, de sexe, de culture et de faciès différents...

Je peux moins vous suivre en revanche lorsque vous affirmez que l&#039;Europe n&#039;a pas de fondements chrétiens ou rationalistes. Elle a en réalité pour fondements le christianisme ET la raison, ce qui ne veut pas dire que d&#039;autres traditions religieuses n&#039;y ont pas leur place, naturellement, et qu&#039;elle devrait se fermer à d&#039;autres grandes cultures du monde, notamment celles de l&#039;Asie. L&#039;Europe est COMMUNAUTE d&#039;Etats nations, et son génie est précisément de porter en elle, et pour le monde, le dialogue de la foi et de la raison. L&#039;Europe reste... missionnaire (osons le mot).  Le principal danger qui menace l&#039;Europe en tant qu&#039;espace politique intégré régulé par le droit est de perdre de vue ce principe fondateur de son humanisme, et de n&#039;être plus soumise qu&#039;à la loi sans partage du marché et de l&#039;individualisme libertaire (osons le mot qui fâche). Loi qui la met à la merci de tous les vents mauvais du mondialisme. Pas vraiment un &quot;modèle&quot;, cette Europe-là à la fois si libre et si frileuse...
Enfin, et ce n&#039;est pas le dernier paradoxe européen, s&#039;il n&#039;y a pas de demos européen, il y a  pourtant une communauté de destin de plus en plus prononcée entre les peuples européens. Si par malheur M. Poutine, qui ne s&#039;est pas remis de la fin de l&#039;empire soviétique, s&#039;avisait de pressurer les pays baltes, ne croyez-vous pas que cela nous concernerait tous, d&#039;un bout à l&#039;autre de l&#039;Europe ? Et ne devrions-nous pas nous intéresser de plus près à la dernière partie du continent (à mon avis) à pouvoir intégrer à l&#039;Union, les Balkans ?

Il serait peut-être temps que l&#039;Europe délaisse ses débats institutionnels sans fin (est-il si important que cela que le Parlement européen compte 750 sièges ou 800?) pour revenir à la politique. Cela ne dépend ni d&#039;un référendum, ni d&#039;un passage à la majorité qualifiée. Plutôt de la résolution de nos nations. A commencer par les principales d&#039;entre elles : sans leur  coopération, rien d&#039;important ne pourra se faire. 

Identité, frontières ? Repartons plutôt de la finalité du politique qui consiste à travailler au bien d&#039;une communauté de destin, en elle et autour d&#039;elle. Les sujets ne manquent pas sur lesquels l&#039;Europe fait surtout la preuve de leurs divisions et de leurs pusillanimité ( voyons notamment la question russe et celle de l&#039;énergie). Nous n&#039;avons pas besoin d&#039;une nième campagne d&#039;information organisée par le nième ministre des affaires européennes. Que les gouvernements s&#039;entendent et agissent de concert. Nous n&#039;aurons pas de mal à comprendre que quelque chose a changé en Europe et pour le monde.
 

Philippe Pouzoulet
Bordeaux</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Je vous remercie de cette réflexion introductive. J&#8217;apprécie votre souci de scruter la situation actuelle de l&#8217;Europe sans a priori idéologique.<br />
Vous mettez bien en lumière l&#8217;inadéquation de la posture souverainiste comme de la posture fédéraliste. A cet égard, la leçon de 2005 est claire: il n&#8217;y a pas de demos européen pour approuver la constitution d&#8217;un nouvel Etat fédéral. La &#8220;raison des nations&#8221; (Pierre Manent) est toujours la plus forte après 60 ans de &#8220;construction&#8221; européenne : la &#8220;méthode Jean Monnet&#8221;, il faut l&#8217;admettre, a échoué ; et l&#8217;on ne fait pas une communauté politique à la majorité qualifiée, dans une &#8220;Union&#8221; bien hétérogène à 27 Etats. Mais cela ne veut pas dire que &#8220;le&#8221; politique en Europe est condamné à rester enfermé dans les limites de l&#8217;Etat-nation. Le politique européen est lui aussi sui generis, un mixte de supranational (notamment dans la régulation juridique) ET d&#8217;intergouvernemental (en particulier dans le domaine de la sécurité extérieure et de la défense). L&#8217;Europe a besoin d&#8217;institutions qui fonctionnent correctement ET de gouvernements capables d&#8217;assumer ensemble des responsabilités particulières (un peu comme un conseil de sécurité). La crise de faiblesse de l&#8217;Europe est AUSSI et peut-être d&#8217;abord une crise de faiblesse de nos Etats-nations, comme nous en avons le spectacle en France. Par exemple, comment faire émerger une &#8220;citoyenneté européenne&#8221; alors que la citoyenneté française est si mal en point? Et il n&#8217;est pas même question de mourir pour la patrie : juste de se comporter &#8220;civilement&#8221; dans l&#8217;espace public entre Français d&#8217;âges, de sexe, de culture et de faciès différents&#8230;</p>
<p>Je peux moins vous suivre en revanche lorsque vous affirmez que l&#8217;Europe n&#8217;a pas de fondements chrétiens ou rationalistes. Elle a en réalité pour fondements le christianisme ET la raison, ce qui ne veut pas dire que d&#8217;autres traditions religieuses n&#8217;y ont pas leur place, naturellement, et qu&#8217;elle devrait se fermer à d&#8217;autres grandes cultures du monde, notamment celles de l&#8217;Asie. L&#8217;Europe est COMMUNAUTE d&#8217;Etats nations, et son génie est précisément de porter en elle, et pour le monde, le dialogue de la foi et de la raison. L&#8217;Europe reste&#8230; missionnaire (osons le mot).  Le principal danger qui menace l&#8217;Europe en tant qu&#8217;espace politique intégré régulé par le droit est de perdre de vue ce principe fondateur de son humanisme, et de n&#8217;être plus soumise qu&#8217;à la loi sans partage du marché et de l&#8217;individualisme libertaire (osons le mot qui fâche). Loi qui la met à la merci de tous les vents mauvais du mondialisme. Pas vraiment un &#8220;modèle&#8221;, cette Europe-là à la fois si libre et si frileuse&#8230;<br />
Enfin, et ce n&#8217;est pas le dernier paradoxe européen, s&#8217;il n&#8217;y a pas de demos européen, il y a  pourtant une communauté de destin de plus en plus prononcée entre les peuples européens. Si par malheur M. Poutine, qui ne s&#8217;est pas remis de la fin de l&#8217;empire soviétique, s&#8217;avisait de pressurer les pays baltes, ne croyez-vous pas que cela nous concernerait tous, d&#8217;un bout à l&#8217;autre de l&#8217;Europe ? Et ne devrions-nous pas nous intéresser de plus près à la dernière partie du continent (à mon avis) à pouvoir intégrer à l&#8217;Union, les Balkans ?</p>
<p>Il serait peut-être temps que l&#8217;Europe délaisse ses débats institutionnels sans fin (est-il si important que cela que le Parlement européen compte 750 sièges ou 800?) pour revenir à la politique. Cela ne dépend ni d&#8217;un référendum, ni d&#8217;un passage à la majorité qualifiée. Plutôt de la résolution de nos nations. A commencer par les principales d&#8217;entre elles : sans leur  coopération, rien d&#8217;important ne pourra se faire. </p>
<p>Identité, frontières ? Repartons plutôt de la finalité du politique qui consiste à travailler au bien d&#8217;une communauté de destin, en elle et autour d&#8217;elle. Les sujets ne manquent pas sur lesquels l&#8217;Europe fait surtout la preuve de leurs divisions et de leurs pusillanimité ( voyons notamment la question russe et celle de l&#8217;énergie). Nous n&#8217;avons pas besoin d&#8217;une nième campagne d&#8217;information organisée par le nième ministre des affaires européennes. Que les gouvernements s&#8217;entendent et agissent de concert. Nous n&#8217;aurons pas de mal à comprendre que quelque chose a changé en Europe et pour le monde.</p>
<p>Philippe Pouzoulet<br />
Bordeaux</p>
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